Père Marmillou dans l'enfer des mines de Potosi

Informations complémentaires pour visiter la Bolivie

Formalités douanières et taxes  

L'application de la réglementation douanière est plus stricte à la sortie du pays. La taxe aéroportuaire s'élève à 10$ US et est payable uniquement en devise américaine.

  • Visa

Depuis avril 2007, les résidents boliviens en France doivent également demander l'obtention d'un visa pour entrer en Bolivie.

  • Prescriptions médicales

Aucun vaccin n'est obligatoire pour la Bolivie, mais il est vivement conseillé de se faire vacciner contre l'Hépatite virale et la fière jauve (pour les régions tropicales). Il faut que les vaccins soient administrés au moins 10 jours avant l'arrivée sur le territoire bolivien. Pour la région amazonienne, prévoir de la Nivaquine contre le paludisme. Il est recommandé de prendre de l'aspirine à titre préventif pour éviter le mal d'altitude.

Pour des informations complémentaires, il est plus prudent de consulter un médecin avant votre départ.

  • En cas de perte ou de vol de papiers

Il faut le déclarer à la police (demander une copie de votre déclaration pour votre assurance) et prendre contact avec votre Consulat. Il est préférable de prendre contact avec les autorités françaises plus fiables que celles boliviennes.

  • Location de véhicules

Dans les villes les plus importantes de Bolivie, on peut trouver une agence de location mais les prix sont extrêmement élevés et peuvent varier jusqu'au double. Il est préférable de se déplacer en voiture ou en taxi qu'en train qui dessert mal le pays.

Réservationshttp://www.beneluxcar.com/alquiler-coches/bolivia/la-paz

Permis de conduire: Prévoir un permis de conduire international que vous devrez impérativement valider auprès de l'Automovil Club Boliviano, Avenida 6 de Agosto, 2993 San Jorge, Tel: (591-2) 2431132; http://www.fitac.org/informacion/sudamerica.htm-

  • Climat

La Bolivie connaît un froid intense et sec en hiver (de mai à novembre). Il ne pleut presque pas, les journées sont très ensoleillées, mais les nuits extrêmement froides, avec des températures avoisinant 0°C et un vent glacial. Les amplitudes thermiques journalières sont importantes: sur l'Altiplano on enregistre souvent 15 à 20°C dans la journée et en dessous de 0°C la nuit. En été, de décembre à mars, les matinées sont souvent ensoleillées et l'on atteint 18 à 25°C, mais il pleut fréquemment l'après-midi. Les nuits restent fraîches du fait de l'altitude.

  • Horaires

L'heure officielle est de -4h par rapport au méridien de Greenwich. Elle est de -6h par rapport à l'heure d'été en France et de -5h par rapport à l'heure d'hiver en France.

  • Les devises et le change

La monnaie nationale est le boliviano.

1euro = 7,70 bolivianos (juin  2015)

En savoir plus sur http://embolivia-paris.e-monsite.com/pages/consulat/informations-pratiques.html#AsO8PsZziL2W3iPK.99

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Potosí est l’exemple par excellence d’une grande mine d’argent de l’ère moderne, célèbre pour avoir été le plus grand complexe industriel du monde au 16e siècle. Petit hameau de l’époque préhispanique, perché à une altitude de 4 000 mètres dans la solitude glacée des Andes, Potosi devient la « Ville impériale » après la visite de Francisco de Toledo en 1572. La ville et sa région prospérèrent de manière significative suite à la découverte des plus importants gisements d’argent du Nouveau Monde dans le Cerro de Potosí, au sud de la ville. Principal fournisseur d’argent de l’Espagne à l’époque coloniale, Potosí a été directement et concrètement associé à l’importation massive des métaux précieux à Séville, ce qui a favorisé une abondance de la monnaie espagnole et a eu pour conséquence des changements dans l’économie mondiale du 16e siècle. Toute la chaîne de production industrielle, des mines à la Frappe royale, à été conservée et le contexte social sous-jacent est également bien illustré par la division des quartiers entre les colons espagnols et les travailleurs forcés, séparés l’un de l’autre par une rivière artificielle. Potosí exerça également une influence durable sur le développement de l’architecture et des arts monumentaux dans la région centrale des Andes en répandant les formes propres au style baroque qui incorporaient des influences indiennes locales. 

Au 17e siècle, 160 000 colons vivaient à Potosí au coté de 13 500 Indiens que l’on forçait à travailler dans les mines selon le système de la mita (travail obligatoire). À partir de 1580, le Cerro de Potosí a atteint  son plein potentiel de production lorsqu’ une technique minière développée au Pérou connue sous le nom de patio a été mise en œuvre et dans laquelle l’extraction du minerai d’argent était assurée par une série de moulins à eau et une amalgamation au mercure. L’infrastructure industrielle était composée de 22 lagunas, les réservoirs, à partir desquels un flux d’eau contraint produisait l’énergie hydraulique nécessaire à l’activité de 140 ingenios, les moulins, qui broyaient le minerai. Le minerai broyé était ensuite amalgamé à du mercure dans des fours en terre réfractaire, moulé en barre, estampé avec la marque de la Frappe royale puis transporté en Espagne. 

La ville et la région gardent des témoignages évocateurs de cette activité qui a beaucoup diminué à partir de 1800 mais qui se poursuit de nos jours. Parmi ces témoignages, on remarquera notamment l’ensemble de la mine royale, la plus grande et la mieux conservée des 5 000 installations qui étaient réparties sur les hauts plateaux et dans ses vallées, des barrages qui régulaient l’eau qui faisait fonctionner les moulins de broyage du minerai, des aqueducs, des moulins et des fours. En outre, les somptueux monuments de la ville coloniale complètent ces témoignages, parmi ceux-ci on compte 22 églises paroissiales ou monastiques, l’imposante tour de la Compañía de Jesús (Compagnie de Jésus) et la cathédrale. La Casa de la moneda (Frappe royale), reconstruite en 1759, ainsi qu’un certain nombre de demeures patriciennes dont le luxe contraste avec le dénuement des rancherías du quartier des indigènes, témoignent également toujours de l’époque. Beaucoup de ces édifices sont de style « Baroque andin » qui intègre des influences indiennes. Cette architecture inventive qui est le reflet de la vie sociale et religieuse de l’époque, a eu une influence durable sur le développement de l’architecture et des arts monumentaux dans la région centrale des Andes. 

Critère (ii) : La « Ville impériale » de Potosí, comme elle fut appelée après la visite de Francisco de Toledo en 1572, a exercé une influence durable sur le développement de l’architecture et des arts monumentaux dans la région centrale des Andes, en diffusant les formes d’un style baroque métissé d’influences indiennes. 

Critère (iv) : Potosí est l’exemple par excellence d’une grande mine d’argent de l’ère moderne. L’infrastructure industrielle comprenait 22 lagunas ou réservoirs, à partir desquels un flux d’eau contraint produisait l’énergie hydraulique nécessaire à l’activité de 140 ingenios, ou moulins, qui broyaient le minerai. Le minerai était ensuite amalgamé avec du mercure dans des fours en terre réfractaire appelés huayras ou guayras. Il était alors moulé en barres et estampé avec la marque de la Frappe royale. De la mine à la Frappe royale, reconstruite en 1759, toute la chaîne de production est conservée. Il en est de même pour les barrages, les aqueducs, les moulins et les fours. Le contexte social est également bien représenté : la zone espagnole, avec ses monuments, et la zone indigène, très pauvre, sont séparées par une rivière artificielle.  

Potosi

Critère (vi) : Potosí est directement et concrètement associé à un événement d’une importance universelle exceptionnelle : le bouleversement économique provoqué au 16e siècle par l’afflux de la monnaie espagnol dû à l’importation massive des métaux précieux à Séville. 

Intégrité

Tous les éléments nécessaires à l’expression de la valeur universelle exceptionnelle de la ville de Potosí sont situés au sein des limites du bien, y compris les composantes industrielles, minières et urbaines de l’ensemble telles que le réseau de lacs artificiels, les mines, les moulins de broyage du minerai, l’architecture ainsi que la forme urbaine et l’environnement naturel ; l’ensemble de ces éléments étant dominés par la présence majestueuse du Cerro Potosí. Aucune zone tampon n’a été délimitée autour du bien. 

Authenticité

La ville de Potosí est authentique en termes de formes et de conception de l’ensemble architectural, de matériaux et de substance, et de situation et de cadre. Toujours dominés par le majestueux Cerro Potosí, les rues, les places, les édifices civils et religieux, les paroisses et les églises de la « Ville impériale » sont de fidèles témoignages de sa splendeur et racontent l’histoire de l’importance de l’exploitation minière aux Amériques. 

La dégradation du Cerro de Potosí, également appelé Cerro Rico (la montagne riche) ou Sumaj Orcko, provoquée par une exploitation minière continue est, depuis de nombreuses années, une source de préoccupations car des siècles d’exploitation ont rendu la montagne poreuse et instable. La Corporation minière de Bolivie a fait de la préservation de la forme, de la topographie et de l’environnement naturel de la montagne un des objectifs de son exploitation future. Cependant, les recommandations faites par une mission technique conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS en 2005, concernant l’amélioration de la sécurité et de la stabilité du bien ainsi que d’autres conditions nécessaires à une exploitation durable de la mine, n’ont pas été suivies et des parties de la cime de la montagne se sont affaissées. En conséquence, l’authenticité du bien est menacée et des mesures urgentes et adéquates doivent être prises afin de protéger des vies humaines, d’améliorer les conditions de travail et de prévenir toute autre détérioration de cette composante vulnérable du bien. 

Éléments requis en matière de protection et de gestion 

La ville de Potosí est protégée au titre de l’article 191 de la Constitución política del Estado (Constitution politique de l’État), de la Ley del Monumento Nacional (Loi du Monument National) du 08/05/1927, du Decreto Supremo (D.S.) No 05 918 du 06/11/1961 sur les Normas Complementarias sobre el patrimonio Artístico, Histórico, Arqueológico y Monumental (Normes complémentaires sur le patrimoine artistique, historique, archéologique et monumental), du D.S. No 15 616 du 11/07/1978 sur la Creación de la Comisión Nacional de Restauración y Puesta en Valor de Potosí(Création de la Commission nationale de restauration et de mise en valeur de Potosí), du Décret de loi (D.L.) No 15 900 du 19/10/1978 sur les Normas sobre defensa del Tesoro Cultural de la Nación (Normes de protection du trésor culturel national), et en vertu de la Loi No 600 du 23/02/1984 sur le financement de la désignation de la ville de Potosí « Ville monumentale d’Amérique » par l’Assemblée générale de l’Organisation des états américains en 1979. En outre, le Plan de Rehabilitación de las Áreas Históricas de Potosí – PRAHP (Plan de réhabilitation des zones historiques de Potosí) et les réglementations qui l’accompagnent ainsi que plusieurs études participent de la protection du bien. Celui-ci ne bénéficie pas de plan de gestion participative de la conservation. 

Les travaux de restauration sont réalisés grâce au soutien international de l’UNESCO, de l’Organisation des états américains et des gouvernements espagnol et allemand. Le Ministère de la culture de l’État plurinational de Bolivie est en charge des travaux de conservation et de préservation du bien. Le Proyecto de la calle Quijarro (Projet de la rue Quijarro) a été lancé en 1981 afin de favoriser la réhabilitation des maisons des zones historiques du centre-ville. Les services de base sont fournis en collaboration avec la Municipalité de Potosí. Il convient cependant de relever que la région traverse une grave crise économique. On espère que le tourisme culturel pourra apporter un soutien social, économique et éducatif à la région. 

La conservation dans les années à venir de la valeur universelle exceptionnelle du bien nécessitera que toutes les mesures, entre autres les mesures urgentes, identifiées par la mission technique de 2011 soient pleinement mises en œuvre, que le Plan stratégique d’urgence qui prévoit une rationalisation et une planification de l’exploitation industrielle dans la région, soit finalisé et mis en œuvre, que les mesures adoptées afin de stabiliser de façon durable la cime de la montagne soient mises en œuvre, que l’Article 6 du D.S. No 27 787 soit modifié afin de faire cesser la prospection, l’extraction et toute autre opération à la surface et dans le sous-sol entre 4 400 et 4 700 mètres d’altitude, que soient achevées une analyse et une modélisation réalisées sur la base de données géophysiques récentes et destinées à mieux identifier les anomalies et faiblesses de la montagne, qu’un plan de suivi et de contrôle soit mis en place, qu’un plan de gestion participatif du bien soit finalisé et soumis et qu’une zone tampon du bien soit délimitée.

Description longue

Au cours de la période préhispanique, Potosí n'était qu'un petit hameau perché à l'altitude de 4 000 m, dans la solitude glacée des Andes. La ville doit sa prospérité à la découverte, entre 1542 et 1545, des plus grands gisements d'argent du Nouveau Monde, localisés dans le Cerro de Potosí, la montagne qui domine la ville au sud. Potosí s'est ainsi trouvé associé, de manière directe et tangible, à un événement d'une portée universelle : le bouleversement économique suscité autour du XVIe siècle par l'extraordinaire abondance du monétaire espagnol émis grâce à l'afflux massif des métaux précieux du Nouveau Monde à Séville.

La « ville impériale » de Potosí, qui prit ce nom après la visite de Francisco de Toledo en 1572, exerça une influence durable sur le développement de l'architecture et sur les arts monumentaux dans la région centrale des Andes, en diffusant le style baroque et en y incorporant des influences indiennes. La croissance fut alors extrêmement rapide : la ville nouvelle, où la construction débuta encadrée par la loi des Indes en 1572, comptait au XVIIe siècle 160 000 colons, ainsi que 13 500 Indiens aux travaux forcés. Après une période d'exploitation désordonnée des gisements d'argent local, le Cerro de Potosí atteignit sa pleine capacité d'exploitation après 1560, lorsqu'on commença à appliquer une technique d'exploitation minière d'origine péruvienne, connue sous le nom de patio. Au XVIe siècle, l'endroit était considéré comme le plus grand complexe industriel du monde. L'extraction de minerai était assurée par une série de moulins à eau.

Potosí constitue le meilleur exemple d'une mine d'argent importante de l'époque moderne. La ville et sa région conservent des traces impressionnantes de cette activité : l'infrastructure industrielle comporte 22 lagunas ou réservoirs, à partir desquels un flux d'eau contraint produisait une énergie hydraulique capable d'activer 140 ingeniosou moulins à tamiser le minerai d'argent. Le minerai de base était alors amalgamé au mercure dans des fours en terre réfractaire appelés huayras ou guayras. Il était ensuite moulé sous forme de barres et estampé avec la marque de la Frappe royale. Depuis la mine de la Frappe royale, toute la chaîne de production est conservée, avec ses retenues d'eau, ses aqueducs, ses moulins et ses fours. La production, qui se poursuivit durant tout le XVIIIe siècle, commença à se tarir lentement au lendemain de l'indépendance du pays, en 1825.

L'ensemble actuel comprend les monuments industriels du Cerro Rico, où l'eau est amenée par un système complexe d'aqueducs et de lacs artificiels, la ville coloniale avec la casa de la Moneda, l'église San Lorenzo, des demeures nobles et des barrios mitayos, qui étaient les quartiers ouvriers.

La Casa della Moneda (maison de la Frappe), au centre de la ville, près de la place de la République, a été construite entre 1753 et 1773. Elle a aujourd'hui été transformée en musée numismatique, et possède plus de cent peintures coloniales, ainsi que différentes collections archéologiques et ethnographiques. L'église San Francisco, qui abrite le patron de Potosí, El Senor de la Vera Cruz, fut la première église construite au cours de la période coloniale. L'église San Lorenzo a été construite en 1548 ; c'est un remarquable exemple de construction en pierre réalisée dans le style baroque local.

Source : UNESCO/CLT/WHC